Les États-Unis étendent et durcissent les restrictions d’entrée pour des ressortissants de plusieurs pays

Le président américain Donald J. Trump a signé une nouvelle proclamation présidentielle renforçant et élargissant les restrictions d’entrée sur le territoire des États-Unis pour les ressortissants de nombreux pays, invoquant des impératifs de sécurité nationale, de lutte contre le terrorisme et de protection de l’ordre public. La mesure entrera en vigueur le 1er janvier 2026 à 00 h 01 (heure de la côte Est).

Cette décision s’inscrit dans la continuité de la Proclamation 10949 du 4 juin 2025 et du décret présidentiel 14161 du 20 janvier 2025, qui avaient rétabli des politiques migratoires strictes déjà appliquées lors de la première administration Trump et validées par la Cour suprême des États-Unis.

Une politique fondée sur la sécurité et le contrôle migratoire

Selon la Maison-Blanche, l’objectif principal de cette proclamation est de protéger les citoyens américains contre des menaces émanant de ressortissants étrangers susceptibles de commettre des actes terroristes, de participer à des activités criminelles transnationales, d’exploiter les failles du système migratoire ou de contourner les règles de délivrance des visas.

Les autorités américaines soulignent que les capacités de vérification d’identité, de partage d’informations et de tenue de registres civils et criminels dans certains pays restent gravement insuffisantes. Dans plusieurs cas, les documents officiels — actes de naissance, certificats de mariage, passeports ou casiers judiciaires — sont jugés peu fiables, falsifiables ou inexistants, rendant impossible une évaluation crédible des risques avant l’admission sur le territoire américain.

Maintien d’une suspension totale pour 12 pays

La proclamation confirme la suspension totale de l’entrée aux États-Unis, tant pour les visas d’immigration que de non-immigration, pour les ressortissants des 12 pays suivants :

  • Afghanistan
  • Birmanie
  • Tchad
  • République du Congo
  • Guinée équatoriale
  • Érythrée
  • Haïti
  • Iran
  • Libye
  • Somalie
  • Soudan
  • Yémen

Ces restrictions reprennent celles prévues par la Proclamation 10949, avec maintien des exceptions limitées et des dérogations accordées au cas par cas pour des raisons d’intérêt national.

Suspension partielle maintenue pour quatre pays

Les États-Unis maintiennent également une suspension partielle de l’entrée pour les ressortissants de :

  • Burundi
  • Cuba
  • Togo
  • Venezuela

Dans ces cas, certaines catégories de visas restent concernées, tandis que d’autres peuvent être délivrées avec des limitations strictes ou une validité réduite.

Sept nouveaux pays soumis à une suspension totale

La nouvelle proclamation étend la suspension totale d’entrée à sept pays supplémentaires, citant des taux élevés de dépassement de visa, la présence active de groupes terroristes, des conflits armés persistants ou un refus historique de coopérer avec les autorités américaines en matière de réadmission des ressortissants expulsables :

  • Burkina Faso
  • Laos
  • Mali
  • Niger
  • Sierra Leone
  • Soudan du Sud
  • Syrie

Les restrictions s’appliquent aussi bien aux visas d’immigration qu’aux visas temporaires (tourisme, études, échanges, affaires).

Documents de l’Autorité palestinienne désormais exclus

La proclamation prévoit également une suspension totale de l’entrée pour toute personne tentant de voyager avec des documents de voyage délivrés ou approuvés par l’Autorité palestinienne. Les autorités américaines estiment que la situation sécuritaire en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, combinée à la présence de groupes terroristes et à l’absence de contrôle administratif fiable, empêche tout processus de vérification adéquat.

Restrictions partielles élargies à 16 autres pays

En parallèle, une suspension partielle est imposée à 16 pays supplémentaires, touchant principalement les visas de tourisme (B-1/B-2), d’études (F, M) et d’échanges (J), avec réduction de la durée de validité des autres visas lorsque la loi le permet :

  • Angola
  • Antigua-et-Barbuda
  • Bénin
  • Côte d’Ivoire
  • Dominique
  • Gabon
  • Gambie
  • Malawi
  • Mauritanie
  • Nigeria
  • Sénégal
  • Tanzanie
  • Tonga
  • Turkménistan (restrictions allégées pour les visas temporaires, mais maintien de la suspension pour l’immigration)
  • Zambie
  • Zimbabwe

Plusieurs de ces pays sont également pointés du doigt pour leurs programmes de citoyenneté par investissement, accusés de faciliter la dissimulation d’identité et le contournement des restrictions migratoires.

Exceptions et cas particuliers

La proclamation prévoit des exceptions claires, notamment pour :

  • les résidents permanents légaux des États-Unis ;
  • les binationaux voyageant avec un passeport d’un pays non concerné ;
  • certaines catégories diplomatiques et officielles ;
  • les athlètes participant à des événements internationaux majeurs ;
  • les personnes déjà reconnues comme réfugiées ou bénéficiaires de l’asile.

Des dérogations individuelles peuvent également être accordées par le secrétaire d’État, le procureur général ou la secrétaire à la Sécurité intérieure, lorsqu’un voyage est jugé conforme à l’intérêt national des États-Unis.

Révision périodique et entrée en vigueur

Le gouvernement américain s’engage à réexaminer ces restrictions tous les 180 jours, en fonction de l’évolution des capacités de coopération, de vérification et de sécurité des pays concernés.

La proclamation entrera en vigueur le 1er janvier 2026 et, selon la Maison-Blanche, sera appliquée « dans toute la mesure permise par la loi » afin de préserver les intérêts de sécurité nationale, de politique étrangère et de lutte contre le terrorisme des États-Unis.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *